Les
Bories sont une famille ancrée dans le village de Plaisance au
fond d’une
vallée dessinée par le Rance. Le sud Aveyron n’est
pas un pays de charcuterie. Jean-Paul Bories, le fils du fondateur en
convient parfaitement. Pourtant, c’est dans son village historique
de Plaisance que son père, Gustave, a réussi à créer
une entreprise qui s’est fait un nom et une réputation pour
ses salaisons bien au-delà des frontières de l’Aveyron.
En 1948, au lendemain de la guerre, Gustave
Bories, dont la famille possède l'épicerie du village vend des
pommes pour le compte de son père dans l’Hérault.
Lors de ses tournées, bon nombre d’habitants lui demandent
s’il n'a pas de la charcuterie à vendre. Vient le jour où lassé
de répondre non, il décide de se lancer.
Il part donc faire le tour des fermes,
prend contact avec les agriculteurs du cru à la recherche de beaux
spécimens
de cochons. Très vite, il installe un séchoir à côté de
sa maison et se met à débiter les porcs et à les
transformer selon les méthodes traditionnelles du pays.
Il prend la route de l’Hérault,
vers Béziers, avec son camion. Seulement voilà, pendant
plusieurs années,
il lui est impossible de rejoindre cette ville. Pourquoi ? Tout
simplement, parce que tout le stock était épuisé avant
d'y arriver. Chaque traversée de village étant précédée
de l’annonce en place publique par le garde champêtre : « C’est
Bories qui vend du jambon de l’Aveyron ». Visiblement,
cela ralliait du monde.
On peut facilement imaginer les débuts
folkloriques. La tournée des fermes avec le camion et Gustave Bories
qui revient au village avec une quinzaine de porcs. Et là, c’est
l’attraction.
Le temps que Monsieur Bories pèse chaque cochon au poids public,
les employés
font un cercle en se tenant la main pour éviter
que les porcs ne s’égaillent dans le village. Cela arrive … pour
la plus grande joie des villageois.
Le fondateur n’a en rien innové pour
le travail du cochon. Il s’est appuyé sur le savoir-faire
régional,
le seul que l’on connaissait ici pour faire de bons produits, des
fritons aux jambonneaux en passant par le saucisson et
le jambon. Ses séchoirs à jambons installés aux
côtés de la maison familiale sont alors artisanaux. Il fallait
surveiller l’évolution de chaque jambon et les sonder avec
une tige de buis avant de les mettre en vente.
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